Comment l’exercice Prospective des Métiers et Qualifications 2035 va-t-il pouvoir éclairer les acteurs sectoriels ? Quelles démarches méthodologiques les branches et les OpcoOpérateur de compétences mettent-ils en œuvre pour élaborer leurs démarches d’anticipation ? Quelle place pour l’IAIntelligence artificielle, notamment dans la perspective des futurs Edec sectoriels ? Comment les partenaires sociaux s’approprient-ils ces différents travaux ? De multiples enjeux débattus par plus de 130 participants dans les Salons de l’Aveyron (Paris 12e), au cours de la journée annuelle des OPMQObservatoire prospectif des métiers et des qualifications organisée par France compétences.
« L’implication des partenaires sociaux dans les travaux des OPMQ est essentielle et salutaire au regard des enjeux de la Nation », estime en introduction Sabrina Roubache, ministre déléguée à l’enseignement et à la formation professionnels et à l’apprentissage. « Cette 6e édition annuelle, dédiée à la prospective, questionne les manières d’appréhender au mieux les mutations et les besoins en compétences associés » souligne le Directeur général de France compétences, Stéphane Lardy. Il annonce également une évolution du moteur de recherche du site la Grande Bibliothèque, qui sera amélioré avec la participation des utilisateurs et dont le périmètre devrait, à terme, être élargi aux travaux des Carif-OrefCentre d’animation et de ressources de l’information sur la formation-Observatoire régional emploi formation.
LA CONSTRUCTION DE PMQ 2035
Quelle prospective des métiers et des qualifications à horizon 2035 ? Les participants ont pu découvrir en avant-première les choix méthodologiques et les contraintes de l’exercice mené par le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan et la DaresDirection de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques. Celui-ci intègre notamment la stratégie nationale bas-carbone et les effets de l’IA. Il tient également compte des cohortes de nouveaux diplômés et des départs à la retraite afin d’estimer les besoins en emploi par famille de métiers.
La branche des services de l’automobile s’appuie en partie sur cet exercice pour projeter ses besoins en emploi et adapter sa stratégie de développement des compétences en matière de formation et de certification.
De son côté, l’Opco Santé a présenté les enseignements de l’étude prospective de la branche de l’hospitalisation privée publiée en 2021, ainsi que ceux du deuxième baromètre emploi-formation interbranche, publié en 2025. Ce dernier propose des focus thématiques structurants sur les seniors, la mobilité des salariés et les risques professionnels. Ces travaux alimenteront la nouvelle étude prospective interbranche prévue en 2027.
DES ÉTUDES THÉMATIQUES QUI COMPLÈTENT LA DÉMARCHE PROSPECTIVE
Le commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (grande distribution) s’inscrit dans une démarche similaire. À partir d’un EdecEngagement de développement de l’emploi et des compétences mené en 2018, la branche a élaboré plusieurs scénarios prospectifs, enrichis par des études complémentaires sur les secondes parties de carrière, la promotion interne et les certifications. Cette approche a contribué à la mise en place d’une nouvelle cartographie des métiers et d’un site dédié.
Par ailleurs, dans le cadre du plan Impulsion IA 2027, lancé en septembre 2026, l’État invite les Opco à proposer des projets sectoriels consacrés à l’intelligence artificielle dans le cadre des Edec.
Pour sa part, l’Observatoire de l’emploi et des métiers en mutualité a présenté sa démarche prospective en cours, engagée début 2024 et coconstruite avec les acteurs opérationnels. Elle repose sur un diagnostic sectoriel des facteurs de transformation stratégiques et des enjeux RH, suivi d’un diagnostic progressif par grande famille de métiers : fonctions support, activités assurantielles, activités médico-sociales et sanitaires. La démarche s’appuie sur un scénario de référence à l’horizon 2032 et vise à identifier les nouvelles compétences induites par ces transformations. Les résultats sont publiés de manière échelonnée afin de réduire le délai entre la production des études et leur restitution.
LES MULTIPLES USAGES DES TRAVAUX PROSPECTIFS
Quels usages les partenaires sociaux font-ils de ces travaux, dont ils définissent initialement les orientations ? Les réponses sont multiples. Pour les représentants syndicaux et patronaux des instances de l’Opco Santé, les études prospectives nourrissent les échanges avec les acteurs régionaux du secteur sanitaire et médico-social sur les enjeux de politique publique. Elles alimentent également les négociations de branche, doivent accorder une plus grande place au travail réel et gagner en visibilité auprès des entreprises et des salariés.
Au sein de la branche Mutualité, les travaux menés appuient les stratégies d’attractivité et de fidélisation et peuvent déboucher sur la création d’outils dédiés. Ils trouvent également une traduction concrète dans les catalogues de formations prioritaires et les stratégies de certification, notamment à travers la refonte des CQPCertificat de qualification professionnelle. Ils permettent aussi d’interroger de nouveaux enjeux, tels que l’IA générative.
Dans la grande distribution comme dans les services de l’automobile, les impacts des études prospectives sur la stratégie de certification de la branche sont particulièrement conséquents et ont permis d’aller plus loin, en identifiant des passerelles entre certains métiers grâce à des blocs de compétences communs, et de favoriser la mise en place de parcours de transition.
Accédez aux travaux des observatoires en cliquant ici