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Construire ou actualiser une cartographie des métiers à l’échelle d’une branche professionnelle est un projet stratégique majeur. Véritable levier pour les politiques de l’emploi, cette démarche permet de valoriser les compétences, de sécuriser les parcours des salariés et d’offrir des outils opérationnels aux entreprises, comme l’ont illustré les récents témoignages du Club des Observatoires d’Uniformation.

 

DE QUOI PARLE-T-ON ?

 

Une cartographie des métiers représente l’ensemble des métiers d’une branche professionnelle. Elle présente les métiers de cette branche, ce qu’ils recouvrent concrètement, les compétences qu’ils demandent et les passerelles entre certains d’entre eux. Une branche professionnelle rassemble toutes les entreprises d’un même domaine — par exemple l’animation, la petite enfance ou l’habitat social — qui partagent les mêmes règles, fixées par une convention collective commune : salaires minimums, conditions de travail, accès à la formation…

 

QUI RÉALISE CES CARTOGRAPHIES ?

 

Derrière chaque cartographie, se trouve un observatoire de branche, chargé d’étudier et d’anticiper les besoins en emplois et en compétences de celle-ci. Sa mission : produire des repères fiables pour aider la branche, ses entreprises et ses salariés à prendre de bonnes décisions.

 

Un observatoire ne travaille jamais seul. L’élaboration de la cartographie repose sur une logique dite paritaire.

 

Concrètement, trois types d’acteurs sont réunis autour de la table :

  • Les partenaires sociaux, qui représentent d’un côté les employeurs, de l’autre les salariés (par l’intermédiaire des syndicats).
  • Les professionnels de terrain, celles et ceux qui exercent ces métiers au quotidien et en connaissent toutes les réalités.
  • Les spécialistes de l’emploi et de la formation, qui apportent leur expertise et des éléments d’objectivation statistique notamment.

Cette diversité de regards est la meilleure garantie d’une cartographie fidèle à la réalité du secteur.

 

 

À QUOI ÇA SERT, CONCRÈTEMENT ?

 

D’abord, à rendre un secteur visible. Beaucoup de branches sont mal connues du grand public : la cartographie met en lumière leur identité, leurs métiers et ce qui s’y fait concrètement.

Ensuite, ce travail débouche sur des outils très pratiques, que chacun peut utiliser :

  • La fiche métier décrit les activités, les compétences attendues et les conditions d’exercice d’un métier.
  • L’aire de mobilité trace les passerelles possibles : à partir d’un métier donné, vers quels autres métiers peut-on évoluer ?
  • La fiche mission décrit non pas un poste figé, mais un ensemble de missions. Elle est particulièrement utile dans les TPE-PME, où une même personne assume souvent plusieurs rôles.

 

UN OUTIL AUSSI TOURNE VERS L’AVENIR

 

Une cartographie ne se contente pas de photographier l’existant : elle aide aussi à anticiper. Grâce à des études dites prospectives, elle permet de mesurer l’impact des transformations en cours — nouvelles technologies, transition écologique, évolution des attentes… C’est tout l’objet des démarches de GEPP et de GPEC : deux façons d’anticiper, dès aujourd’hui, les emplois et les compétences nécessaires demain.

 

Une cartographie repère également des passerelles entre branches (permettant à un salarié de passer d’un secteur à un autre) et pose les bases de futures certifications professionnelles, CQP mais également diplômes et titres professionnels reconnus par l’État.

 

TROIS EXEMPLES INSPIRANTS POUR BIEN COMPRENDRE

 

Uniformation, opérateur de compétences, est l’un des organismes qui accompagnent les branches et les entreprises sur la formation professionnelle. Il réunit régulièrement les observatoires des secteurs qu’il suit au sein d’un « Club des Observatoires ». Lors de sa dernière édition, trois branches y ont partagé leur expérience.

 

  • La branche Éclat (Education, culture, loisirs et animation) a construit, après deux ans de travail commun et une forte implication des professionnels, une cartographie « dynamique » (un outil en ligne, interactif et amené à évoluer) organisée autour de ses trois grandes familles de métiers : l’accompagnement, l’administration et le support technique.
  • La branche Alisfa (Acteurs du lien social et familial) a mis l’accent sur l’accompagnement des parcours. Elle valorise notamment les évolutions « horizontales » — changer de métier sans forcément monter dans la hiérarchie — entre ses différents domaines : l’animation, la petite enfance et les fonctions support.
  • La branche des OPCHS (Habitat social), plus récente, a profité de cet exercice fondateur pour structurer ses métiers, tout en mettant en avant des compétences fidèles à ses valeurs : en particulier la RSE et le développement durable.

 

UN APPUI PRÉCIEUX POUR LES ENTREPRISES

 

Aujourd’hui, la quasi-totalité des secteurs disposent d’une cartographie des métiers. Elles nourrissent les grandes décisions d’une branche : stratégie de formation, anticipation des besoins (GPEC) et négociations collectives — les discussions entre employeurs et syndicats qui fixent les règles du secteur.

 

Mais leur utilité ne s’arrête pas là. Les entreprises peuvent s’en emparer directement, au quotidien, pour :

  • rédiger leurs fiches de poste ;
  • publier des offres d’emploi plus claires et mieux ciblées ;
  • organiser la mobilité interne de leurs équipes.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

 

L’ensemble de ces travaux et cartographies est librement accessible en ligne, via la Grande Bibliothèque de France compétences.

 

Accéder à la Grande Bibliothèque